Les putes voilées n'iront jamais au Paradis !

Les putes voilees n iront jamais au paradis

Auteur : Chahdortt Djavann

Edition : Grasset

Collection : -

Parution : 06/04/16

EAN-13 : 978-2246856979

Pages : 205

Résumé : Ce roman vrai, puissant à couper le souffle, fait alterner le destin parallèle de deux gamines extraordinairement belles, séparées à l’âge de douze ans, et les témoignages d’outre-tombe de prostituées assassinées, pendues, lapidées en Iran. Leurs voix authentiques, parfois crues et teintées d’humour noir, surprennent, choquent, bousculent préjugés et émotions, bouleversent. Ces femmes sont si vivantes qu’elles resteront à jamais dans notre mémoire. À travers ce voyage au bout de l’enfer des mollahs, on comprend le non-dit de la folie islamiste : la haine de la chair, du corps féminin et du plaisir. L’obsession mâle de la sexualité et la tartufferie de ceux qui célèbrent la mort en criant "Allah Akbar !" pour mieux lui imputer leurs crimes. Ici, la frontière entre la réalité et la fiction est aussi fine qu’un cheveu de femme.

Mon avis : Tout d’abord, je tiens à remercier les éditions "Grasset" et le site "Vendredi lecture" de m’avoir permis de découvrir cet ouvrage.

En commençant ma lecture, je croyais être prête à affronter la dureté de ce récit. Après tout, j’avais survécu à mon immersion dans "Le livre noir de la condition des femmes". Je pensais donc, très naïvement je l’avoue, savoir à quoi m’attendre. Sauf qu’en réalité rien n’aurait pu m’y préparer. Ce livre est une lecture essentielle mais il faut avoir le cœur bien accroché pour la supporter.

Ce roman commence par la découverte d’un cadavre, mais tout le monde s’en moque. Cette femme n’était personne, une moins que rien. Elle ne mérite aucune considération et ce qui lui est arrivé est la punition d’Allah. Pourquoi ? Car elle n’était qu’une prostitué, l’une des nombreuses qui peuplent la terre d’Iran. Un sale secret, en somme. Dans un monde où les hommes ont pris le pouvoir et se servent de la religion pour asseoir leur autorité, les femmes n’ont guère plus de valeurs qu’une marchandise.

Nous faisons ensuite la connaissance de deux fillettes, amies depuis toujours : Zahra et Soudabeh, Agées de douze ans, elles vont entrer dans l’adolescence et commencent à attirer les regards et la convoitise des hommes. Elles sont malheureusement trop belles pour leurs biens et la tranquillité d’esprit de leurs parents. Zahra va donc se retrouver mariée de force afin d’éviter que le déshonneur n’entache sa famille. Quant à Soudabeh, après avoir assisté impuissante aux déboires de son amie et se sachant en sursis, elle s’enfuit afin d’éviter de connaitre le même funeste destin.

Commence alors pour les deux fillettes une lente descente en enfer. Dans un monde que Dieu a abandonné, et face à l’hypocrisie des hommes, quel poids ont les rêves de deux enfants ?

Rien que l’histoire en elle-même suffit à nous retourner ! Face à tant d’horreur on se retrouve sans mot.

Mais l’histoire prend encore plus de profondeur, d’importance, sous la plume de Chahdortt Djavann. Le choix qu’elle fait au cours du roman (à environ un quart de celui-ci), de mettre l’histoire de côté afin de faire une mise au point, ne fait que donner plus d’ampleur à son récit. Elle nous dit grosso modo : "Oui, je suis en train de vous raconter une histoire, mais pas que… C’est tellement plus que cela. En Iran, il existe des centaines de prostitués, de Zahra, de Soudabeh et par mes mots c’est leurs voix muselées, ignorées que je porte. Aidées moi à les faire exister, à lever le Tchador servant à les cacher".

A travers ses mots on ressent l’urgence, la révolte qui l’habite et qu’elle nous hurle à la figure. Son style est dur, incisif et ses mots sont crus. Un peu comme la vie de ses femmes.

Tout ces choix, ne font que rendre cette histoire plus réelle, palpable et insupportable. Certains passages m’ont fait frémir d’horreur, d’autres m’ont mis la rage au cœur et enfin certains m’ont juste donné envie de vomir.

Malgré tout il m’était impossible de reposer le roman, de leurs tourner le dos. Il fallait absolument que j’aille jusqu’au bout. Comme si j’étais investie d’un devoir de mémoire.

Ma note : Encore une fois je ne veux pas parler de roman coup de cœur. C’est un roman coup de poing. Un roman qui vous prend aux tripes jusqu’à l’écœurement, mais que l’on se doit de lire afin de faire vivre, ne serait-ce qu’un instant, ses femmes bafouées. C’est un véritable roman féministe et engagé qui nous rappelle que parfois dans certaine partie du monde il n’est pas facile de naitre femme.

 

Rédigé par Magali, le 27/12/2017

 

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