Premières lignes #4

Premieres lignes

Avec cette nouvelle année qui commence, j’avais envie d’inaugurer un nouveau rendez-vous hebdomadaire ! Je cherchais un rendez-vous qui serait à base de citation et j’ai croisé sur le blog de "Bettie rose" le rendez-vous : "Premières lignes". J’ai tout de suite compris que j’avais trouvé le "Saint Graal". A l’origine de celui-ci, le blog "Ma lecturothèque".

Le principe est simple, toutes les semaines on vous cite les premières lignes de notre lecture. Mais trêve de bavardage et passons au vif du sujet.

Pour ce lundi, je vais vous citer les premières lignes d’"Amours" de Léonor de Récondo. J’ai presque terminé cette lecture et pour l’instant elle me laisse perplexe.

 

Amours

" "L'amour est là où il ne devrait pas être, au deuxième étage de cette maison cossue, protégé par la pierre de tuffeau et ses ardoises trop bien alignées, protégé par cette pensée bourgeoise qui jusque-là les contraignaient et qui, maintenant, leur offre un écrin." Nous sommes en 1908. Léonor de Récondo choisit le huis clos d'une maison pour écrire un éblouissant roman sur l'épanouissement du sentiment amoureux le plus pur - et le plus inattendu. Victoire est mariée depuis cinq ans avec Anselme de Boisvaillant. Rien ne destinait cette jeune fille de son temps, précipitée dans un mariage arrangé avec un riche notaire et que les choses du sexe plongent dans l'effarement, à prendre en mains sa destinée. Surtout pas son trouble face à l'inévitable question de l'enfant qui ne vient pas. Sa détermination se montre pourtant sans faille lorsque la petite bonne de dix-sept ans, Céleste, tombe enceinte : cet enfant sera celui du couple, l'héritier Boisvaillant tant attendu. Comme elle l'a déjà fait dans le passé, la maison aux murs épais s'apprête à enfouir le secret de famille. Mais Victoire ne sait comment s'y prendre avec le nourrisson. Personne n'a le droit d'y toucher et Anselme est prié de s'installer sur un lit de camp dans son étude. Le petit Adrien dépérit dans le couffin glissé sous le piano dont sa mère, qui a bien du mal à s'inventer dans ce rôle, martèle inlassablement les touches. Céleste comprend ce qui se joue là, et décide de porter secours à l'enfant à qui elle a donné le jour. Quand une nuit Victoire s'éveille seule, ses pas la conduisent vers la chambre du deuxième étage... Léonor de Récondo fait alors exploser les cadres de la conformité bourgeoise pour toucher à l'éclosion du désir, la prise de conscience de son propre corps, la ferveur et la pureté d'un sentiment qui balayera tout. Grand roman d'amour, ce livre est aussi celui de l'émancipation féminine."

 

"ALSEME JETTE CELESTE SUR LE MATELAS, chaque fois le même geste qui la balance sur le ventre, la tête plongée dans l’oreiller, la tignasse à portée de main. Il relève la jupe vite fait. Elle ne résiste pas, ne résiste plus. Il s’agrippe au chignon, serre fort la masse de cheveux. Puis il s’installe, planté entre ses cuisses, et commence. Les pieds du lit de fer grincent. Ni Anselme ni Céleste n’entendent la plainte du lit qui supporte l’amour forcé. C’est laborieux, toujours. C’est long. Elle se demande pourquoi ces instants-là passent si lentement. Pourquoi ne pas s’évanouir pour ne rien ressentir."

 

Autant dire que livre commence fort. Un bon moyen de marquer les esprits et pour les plus sensibles de provoquer un sentiment tenace de malaise.

 

Rédigé par Magali, le 12/02/2018

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